C'était il y a 35 ans dans
Semaine du 20 au 26 Juillet 1982

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Collot l'instituteur
Le voilà, le plus inattendu des invités au grand bal des débutants. Hervé Collot, le nouvel entraîneur de Nancy, n'a rien à cacher, pas même le dessus de son crâne que les années ont rendu lisse, et pas grand-chose à déclarer. A cinquante ans, il profite enfin d'une promotion interne qui lui permet d'accéder aux plus hautes responsabilités. Collot, c'était Nancy ; maintenant Nancy, ce sera Collot. Un club, un seul dans une longue carrière de joueur, anonyme et pourtant jalonnée de deux finales de Coupe de France, toutes deux perdues en 1953 contre Lille, en 1962 contre Saint-Etienne. Carrière d'arrière latéral, solide, puissant, mais sans génie. Carrière d'amateur plus que de professionnel puisqu'il continua toujours à exercer son métier d'instituteur.
Cet homme est fait pour enseigner. Ses quelques fugues qui l'ont conduit à Pont-à-Mousson et à Epinal pour s'occuper des équipes de ces deux villes ne l'ont jamais éloigné de l'enseignement. Revenu à Nancy il y a deux ans pour prendre en charge les équipes de jeunes, il n'en a pas moins continué à remplir sa fonction de Conseiller pédagogique à l'ASSU (Association du Sport Scolaire et Universitaire).
Le mois dernier, il s'est fait mettre en congé, pour entamer la plus étrange des remises en cause qui soit. Fini le monde des adolescents ; voici Collot plongé dans celui des adultes. Sa candidature qui a fait suite au départ de Georges Huart pour l'INF de Vichy a rapidement été acceptée par les dirigeants lorrains. Pas seulement pour des raisons financières (encore qu'ils ne sont sans doute pas nombreux les entraîneurs de Première Division à encaisser moins de 20.000 F par mois), mais bien parce qu'il était un homme de la maison.
Extrêmement ouvert, remarquable pédagogue, persuasif, plus peut-être encore que ne l'était Huart, Collot est également ambitieux. Pas de temps à perdre ! Il n'est plus à un âge ou l'on cultive la patience. « Je veux donner à l'ASNL une nouvelle dimension, dit-il. L'an dernier, nous avons terminé huitième cette année, nous viserons la cinquième place. »

Philippe, "l'Allemand" de Nancy
Il est rare de voir des joueurs français franchir le Rhin pour tenter l'aventure du football allemand. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'international Didier six n'était pas le seul, la saison dernière, à évoluer en Bundesliga. Un autre Francais à la réputation plus modeste, Didier Phlippe, portait en effet le maillot de Sarrebruck, un des meilleurs clubs du Championnat de Division 2.
Didier Phillppe n'est pas un inconnu pour ceux qui suivent de près le football lorrain. Trois fois lauréat du concours du jeune footballeur à Paris, présélectionné en équipe de France cadets, il avait attiré l'attention des recruteurs régionaux quand il jouait dans le petit club de Sarreguemines, au poste d'ailler droit. C'est là que Pierre Tournier, le responsable du centre de formation du FC Sochaux, le dénicha pour lui faire signer un contrat d'aspirant professionnel en 1978. Pour des raisons personnelles, il préféra quitter la Franche-Comté et opta, en juillet 1980, pour Sarrebruck qui lui faisait des offres depuis longtemps.
Son passage en Allemagne lui fut, bien sûr, profitable. « Sur le plan de l'engagement et de la volonté, j'ai beaucoup appris, dit-il, et je pense avoir progressé au cours des deux saisons que j'ai effectuées dans le Championnat allemand. »
C'est à Sarrebruck qu'Aldo Platini est venu chercher Didier Philippe au mois de juin, mais le recruteur nancéien connaissait le Lorrain de longue date. Il lui proposa de signer un contrat de quatre ans, ce qu'il accepta aussitôt puisque son désir était de revenir en France.
Depuis plus de deux semaines, Didier Phillppe est donc en stage à Val-Thorens avec ses nouveaux partenaires nancéiens. Il semble déjà avoir conquis tout le monde et Hervé Collot a dit à son sujet : « Didier Philippe doit être l'avant-centre qui faisait jusqu'ici défaut à Nancy. » Voilà une sacrée promotion pour le gamin de Sarreguemines, âgé aujourd'hui de vingt et un ans, qui aura dû traverser le Rhin pour se propulser en haut de l'affiche.

Quand Nancy prend de la hauteur
On se souvient de la polémique qui avait entouré la préparation de l'équipe de France quand celle-ci avait choisi de rejoindre Font-Romeu avant le Mundial. A Nancy, on suivait cette polémique avec attention, mais avec des idées bien arrêtées. C'est que les Nancéiens avaient, eux aussi, choisi de préparer leur saison en altitude, et rien ne pouvait les inciter à renoncer à leur projet. Ainsi, depuis une vingtaine de jours, ils sont tous rassemblés à Val-Thorens, à une altitude (2.300 m) supérieure de 500 m à celle de Font-Romeu.
Le docteur Gegout, qui est à l'origine de la venue de l'AS Nancy-Lorraine dans les Alpes, justifie ainsi son choir : « Les effets de l'altitude sur les sportifs sont bien connus. Le palier idéal pour une augmentation future des performances se situe entre 1.800 et 2.500 m. A cette hauteur, l'organisme travaille plus. L'oxygène étant plus rare, l'appareil respiratoire augmente son volume d'air inspiré. Le pouls bat plus vite et la récupération est plus longue. Il y a augmentation des globules rouges pour compenser le manque d'oxygène, ainsi que la production de l'acide lactique. D'où une fatigue musculaire et nerveuse accrue, compensée par l'absorption de produits défatigants. La phase d'adaptation dure une huitaine de jours. Passé ce délai, le sujet se sent beaucoup mieux. Lorsqu'il redescend en plaine, son aptitude à l'effort est considérablement améliorée. Lorsque les joueurs de l'ASNL regagneront Nancy, il leur faudra une dizaine de jours avant de ressentir les bienfaits de leur préparation, qui doivent se traduire par une augmentation de leurs performances physiques et une envie de "mordre" dans le ballon. Bref, ce séjour a été calculé pour que Nancy soit au top-niveau pour la reprise du Championnat le 10 août. »
Si l'on en juge par la qualité de la performance de l'équipe de France en Espagne, on peut légitimement penser que Nancy a un bel avenir devant lui. Il reste à savoir si une telle préparation produit des effets, non pas sur un mois, mais sur une saison complète...


Les indiscrétions ...
  • L'équipe de l'ASNL rentre dimanche à Nancy. Elle mettra une dernière touche à sa préparation contre le FC Zurich, le 6 août, au stade Marcel-Picot.

  • Le président nancéien Rousselot a rejoint la semaine dernière son équipe à Val-Thorens. Il a apporté un cadeau à son entrapineur Hervé Collot : Ruben Umpierrez, le meneur de jeu nancéien qui avait été retardé d'une semaine par une grève en Uruguay.

  • Umpierrez n'a pas tardé à payer son retour puisqu'il a inscrit le second bur de l'équipe de Nancy, victorieuse de Gueugnon par 2-0. L'autre but ayant été inscrit par le nouveau, Didier Philippe, qui confirme son efficacité.

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