C'était il y a 35 ans dans
Semaine du 12 au 18 Octobre 1982

Le match (1)...
LA FICHE DE LA RENCONTRE
10ème journée du Championnat de France de Division 1
Nancy, le 12/10/1982 - Stade Marcel-Picot
8.025 spectateurs - arbitre : M. Dailly
NANCY 2 (2) Entraîneur : H. Collot

Rubio : 34'
Umpierrez : 42'
Moutier - Casini - Neubert - Zappia - Jeannol - Martin - Germain puis Gabriel (72') - Rubio - Umpierrez - Jacques - Philippe
LILLE 2 (0) Entraîneur : A. Dos Santos

Morillon : 65'
S. Plancque : 75'
Bergeroo - Péan - Kourichi - Gousset - Marsiglia - Muslin - Christophe - Delemer puis S. Plancque - Morillon - Henry - Verel
LE COMMENTAIRE

Les Nancéiens dominèrent dans l'ensemble pendant toute la première mi-temps, mais ne purent finalement ouvrir la marque qu'à la trente-quatrième minute, grâce à Rubio. Huit minutes plus tard, les Lorrains allaient inscrire un second but par l'intermédiaire d'Umpierrez sur une double action de Germain et Neubert.
On pensait que Nancy avait enfin trouvé la faille et se dirigeait vers une facile victoire. Pourtant il n'en fut rien puisque, après que Jacques eut raté un troisième but, ce fut au tour des Lillois de faire la loi et de marquer par Morillon et, ensuite, par Plancque. Lille faillit même, en définitive, l'emporter.
Le match (2)...
LA FICHE DE LA RENCONTRE
11ème journée du Championnat de France de Division 1
Toulouse, le 15/10/1982 - Stadium
11.955 spectateurs - arbitre : M. Delmer
TOULOUSE 2 (0) Entraîneur : P. Cahuzac

Van Straelen : 75'
Lopez : 88'
D'Angelo - Deplanche puis Marx (27') - Lopez - Balint - Le Blayo - Laverny - Van Straelen - Csapo - Ferratge - Pintenat - Lowitz puis Sassus (60')
NANCY 1 (0) Entraîneur : H. Collot

Meyer : 63' Moutier - Casini - Neubert - Zappia - Cartier - Jeannol - Martin - Rubio - Umpierrez - Philippe puis Jacques (75') - Meyer
LE COMMENTAIRE

C'est dans le dernier quart d'heure que Toulouse a réussi à renverser une situation très compromise. Les Nancéiens avaient, en effet, pris l'avantage après l'heure de jeu grâce à un retourné acrobatique de Meyer, sur centre de Rubio. Et les Toulousains se demandaient comment ils allaient s'en sorti r quand, à la 76ème minute de jeu, une remise de Pintenat pour Van Straelen permettait à ce dernier de rétablir l'équilibre. Les Violets ne relâchaient pas leur effort et, à deux minutes de la fin, une tête de Pintenat pour la tête de Lopez leur donnait la victoire. Inespéré.

Les articles ...
Didier Philippe : un inconnu déjà célèbre
On a beaucoup entendu parler de Didier Philippe ces derniers temps et son nom nous est désormais familier. Il a suffi pour cela qu'il inscrive six buts en Championnat avec sa nouvelle équipe, l'AS Nancy-Lorraine. On a beaucoup entendu parler de ce jeune joueur de vingt et un ans, mais il demeure un inconnu pour le plus grand nombre, ce qui est un paradoxe courant dans le monde du football. Nous avons donc décidé de décrire sa trajectoire de footballeur qui nous est apparue beaucoup plus riche qu'on ne l'imaginait. Didier Philippe ne fait pas partie de cette génération spontanée sortie tout droit du chapeau d'un technicien miracle. Sa jeune carrière fut mouvementée, marquée par des changements de cap fréquents. C'est sans doute cette volonté de prendre son destin en main, cette faculté de ne pas s'embarrasser de faux-semblants qui font de lui, aujourd'hui, un inconnu déjà célèbre...
La scène est devenue rituelle depuis le début du Championnat, avant chaque match de l'AS Nancy-Lorraine. A Neufgrange, petit village d'un millier d'habitants engoncé dans la Moselle éternelle et cerné par les mines de Forbach, Merlebach et Saint-Avold, on se prépare à aller fêter l'enfant du pays. On se réunit, on confectionne des pancartes à la gloire du petit prodige et on se rend, dans une longue cohorte de voitures bourrées jusqu'à la gueule, au stade Marcel-Picot, distant de 90 kilomètres. Là, on fait du bruit, comme mille et on applaudit bien fort aux exploits du petit gars de Neufgrange vers qui tous les regards se tournent. En brandissant bien haut les fameuses pancartes de caractère artisanal où l'on peut lire : "Allez Philippe ! On te salue ! ".
A Neufgrange c'est certain, on aime bien le petit Philippe que l'on a vu grandir un ballon dans les pieds. On considère même qu'il fait partie du patrimoine du village et il est devenu, l'espace de trois mois, la fierté de tous. Sur qu'un jour on lui élèvera une statue sur la place de la mairie si l'engouement qu'il suscite venait à se prolonger quelque temps. On n'en est certes pas encore là, mais au train où vont les choses...
C'est donc à Neufgrange que Didier Philippe a fait ses premiers pas de jeune footballeur. La légende dit que, dés sa plus tendre enfance, il rechignait déjà à se saisir du ballon avec les mains et préférait se servir de ses pieds pour assouvir ce besoin de contact avec la petite balle ronde. Et il en passait du temps, avec son frère aîné, à shooter dans toutes les positions et dans tous les sens dans le parc qui bordait la maison familiale ! C'est là, véritablement, qu'il a pris goût au jeu et qu'il a découvert ses premières sensations qui ne l'ont plus quitté depuis.
Plus quitté ? En fait, Didier Philippe s'est un moment égaré de son sillon et il fut très près de ranger dans sa malle à souvenirs, maillot, short et crampons quand il fit connaissance avec l'ambiance feutrée des gymnases où il pratiqua la gymnastique à haute dose. Il avait alors dix ans et il fut sacré champion de Lorraine, se permettant notamment de sortir en salto d'une barre fixe, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Encouragé à poursuivre dans cette voie par ses professeurs, il fut à deux doigts d'effectuer le grand saut, ce qui l'aurait entraîné à abandonner purement et simplement le football. Décision difficile à prendre, mais qu'il prit sans arriere-pensée. « J'aimais beaucoup la gymnastique, dit-il, mais il me manquait ce qui est prépondérant dans le sport : le jeu. » Didier Philippe a tout de même gardé de son bref passage dans le monde des gymnastes une adresse gestuelle, un équilibre corporel qui lui sont d'un précieux secours dans son métier de footballeur.
C'est à Sarreguemines, à quelques kilomètres de Neufgrange, que le jeune footballeur Philippe a pris son véritable envol. Sous la haute et bienveillante surveillance de l'entraîneur du club, M. Pieters, il fait ses premières armes dans les compétitions régionales, démontrant déjà un certain savoir-faire. Le plus bel exemple de ce talent naissant fut encore sa participation, à trois reprises, au concours du jeune footballeur qui est traditionnellement convoqué à Paris le jour de la finale de la Coupe de France.
Le 17 juin 1973, Didier Philippe s'est donc rendu pour la première fois à Paris, où il retrouva les jeunes Moretto, Zénier et Rémy, qui, eux aussi, ont fait leur chemin depuis, pour participer au fameux concours. Ce ne fut pas à proprement parler une totale réussite puisqu'il termina à la vingt-deuxième place, soit au beau milieu de la troupe, mais Didier en gardera un bon souvenir. D'autant plus que, l'après-midi, il eut l'occasion d'assister à son premier grand match au Parc des Princes qui mettait aux prises Nantes et Lyon. Inutile de dire qu'il ne perdit rien du spectacle et surtout pas les deux buts inscrits par le Lyonnais Lacombe et le Nantais Couécou, tous les deux entachés de fautes de mains flagrantes. Ce genre de détails ne s'oublie pas, même quand votre tête tourne devant une marée de calicots multicolores portés à bout de bras par des supporters survoltés.
Au terme de ses sept années passées à l'US Sarreguemines, il était clair pour tout le monde que Didier devait poursuivre dans la voie dans laquelle il s'était engagé. Avec la benédiction parentale, il a donc rejoint, à quinze ans, la section sport-études de Metz dirigée à l'époque par M. Mourra, qui occupe toujours un poste de responsabilité au sein du club messin. Dans cette section, évidemment, les choses devenaient très sérieuses et Didier devait s'astreindre à un entraînement quotidien qui ne lui était guère familier. Au prix de nombreux efforts il réussit pourtant à s'en tirer avec bonheur au point d'être sélectionné dans les cadets de Lorraine et pré-sélectionné dans les cadets de France, en compagnie de Lestage, Morgante et Khirat notamment.

Une expérience sochalienne malheureuse
Ce genre de promotion ne laisse jamais indifférent les sergents-recruteurs des grands clubs qui se tiennent parfaitement informés. Ainsi Aldo Platini avoue aujourd'hui qu'à l'époque il s'était intéressé au cas Philippe et qu'il avait même songé à le convoquer à Nancy pour lui faire passer un test. Seulement, Pierre Tournier, responsable alors du centre de formation du FC Sochaux, l'avait devancé en envoyant une lettre aux parents de Didier leur demandant de laisser leur fils effectuer un stage de trois jours au stade Bonal. « Je me souviens, explique Didier Philippe, m'être rendu à Sochaux en totale décontraction. Je ne me doutais pas que ce stage avait un caractère décisif. J'ai disputé deux matches d'entraînement contre les juniors du club au cours desquels j'ai marqué six buts. A la fin du stage, on m'a fait signer un contrat de non-sollicitation. »
Se doutait-il à ce moment-la que son expérience sochalienne serait de courte durée et surtout qu'elle ne lui apporterait que peu de satisfaction ? Dès son arrivée à Sochaux, en juillet 1978, Didier se rendit compte, en effet, qu'il lui était bien difficile de se séparer de sa famille, de ses amis pendant de longs mois. Didier, qui a la fibre familiale, ne le supportait pas. « Cette situation était éprouvante, se souvient-il, et je rejoins Laurent Roussey qui déclarait récemment qu'il avait souffert à Saint-Etienne de son éloignement du noyau familial. »
Ce sentiment très fort, cette impression d'être coupé de ses racines ne l'a pourtant pas empêché de se donner à fond dans l'apprentissage de son métier. Il participait avec cœur aux entraînements et aux matches, accomplissait des progrès très nets au fil des semaines et enrichissait son bagage physique et technique au contact des Anziani, Zandonna, Bonnevay et Collin qui faisaient partie de la même promotion. Il ne parvenait pas, malgré tout, à convaincre Pierre Tournier qui ne semblait pas apprécier son style. « Techniquement, il était d'une adresse remarquable, reconnaît l'ancien Sochalien. Son jeu de volée notamment était d'une rare pureté. Mais il avait une lacune et elle était importante. Il était craintif et perdait une grande partie de ses moyens au contact des adversaires. Je me souviens que Georges Boulogne, qui l'avait supervisé quand il était junior, avait fait la même constatation. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui nous a poussé à le laisser partir au terme de ses deux années d'aspirant. Maintenant, bien sûr, c'est lui qui a le beau rôle et moi le mauvais. Mais j'assume tout. J'ai peut-être fait une erreur en ne le retenant pas, mais il n'avait rien prouvé pendant ces deux années, en tout cas rien qui laisserait supposer son épanouissement actuel. Je suis néanmoins ravi de sa réussite à Nancy... »
Ces propos iront peut-être droit au cœur de Didier Philippe. Mais il ne tient pas à endosser cette légende de trouillard qui lui colle à la peau. « Je veux mettre les choses au point : Je ne suis pas, je n'ai jamais été craintif. Je ne dis pas que je suis un joueur téméraire, une espèce de Hrubesch qui aimerait se coltiner avec plaisir avec les défenseurs. J'ai simplement mon style qui n'a jamais varié, n'en déplaise à MM. Tournier et Boulogne. »
C'est dans ce climat somme toute particulier que Didier a pris très tôt la décision de quitter Sochaux. C'était presque une idée fixe chez lui et, au début de sa seconde saison en Franche-comté, il a méthodiquement préparé sa fuite. A l'insu des dirigeants sochaliens, il fit un essai à Sarrebrück, en Allemagne, qui s'avéra concluant. Sarrebrück, c'était la possibilité de rentrer tous les soirs chez lui, à Neufgrange, de signer un contrat professionnel et de vivre une expérience originale. L'aubaine. « A la fin de ma deuxième année, j'ai demandé à M. Tournier de me laisser libre. J'avais un peu peur qu'il ne refuse comme il en avait la possibilité. Il n'a finalement fait aucune difficulté et m'a remis un papier officiel précisant que j'étais libre de tout engagement. Je me demande si Sochaux ne serait pas en droit de réclamer une indemnité de formation à Nancy si je n'étais pas en possession de cette lettre. Cette entrevue avec M. Tournier mit fin a mon séjour. J'ai vraiment le sentiment aujourd'hui que ces deux années me furent bénéfiques à tout point de vue, car j'ai beaucoup appris là-bas. En tout cas, je suis reparti de Sochaux avec mon CAP des métiers du football en poche. Je ne rentrai donc pas bredouille chez moi. »

Une nouvelle aventure à Sarrebrück
Didier eut la sensation de revivre en retrouvant le gîte familial et de rattraper le temps perdu. Il eut d'ailleurs bien besoin de ce réconfort moral pour se lancer dans sa nouvelle aventure qui le mena donc au FC Sarrebrück, le club qui accueillit naguère Marc Berdoll. La prise de contact fut difficile car Didier découvrit un état d'esprit auquel il n'était pas habitué. < « L'effectif était riche d'une vingtaine de joueurs, explique-t-il, et lors des séances d'entraînement, ils taclaient comme des fous. J'ai beaucoup appris à leur contact, notamment auprès du libero de l'équipe, Egonschmitt, qui, avec soixante-dix-huit sélections en équipe de RFA amateurs, détient le record du pays. En Allemagne, c'est une personnalité importante, une sorte de "monstre sacré". Peu à peu, j'ai gagné ma place de titulaire dans l'équipe, au poste d'ailier, et je ne l'ai plus quittée pendant près de deux ans. »
La refonte de la Division 2 allemande obligea Sarrebrück à descendre en Division inférieure au début de la saison dernière et priva du même coup Didier Philippe de son statut professionnel. Il dut alors s'inscrire au chômage et pointa régulièrement, deux fois par mois, à l'ANPE de Sarreguemines. Il devenait alors difficile pour lui de s'éterniser en Allemagne même si le nombreux public de Sarrebruck (près de 8.000 spectateurs de moyenne en Division 3 !) avait un certain penchant pour le jeu du petit Français. Les contacts ne manquèrent pas et Kaiserslautern, Sereing, un club belge qui montait cette saison en Première Division, et Arlon, un club belge de Seconde Division, firent des offres précises à Didier Philippe. Seulement, cette fois, Aldo Platini fut le plus rapide..
« Il était sur mes tablettes depuis un certain temps, reconnaît le dirigeant nancéien. J'avais de nombreux contacts avec son père et je suivais Didier un peu à distance. Nous l'avons essayé à Martigues au cours d'un match de Coupe d'été et il nous donna entière satisfaction. Nous pensions que ce serait le complément idéal pour nos attaquants et puis le lent rétablissement de Bernard Zénier lui a permis de devenir titulaire du poste d'avant-centre dès le début de la saison. Nous pensons tous, à Nancy, avoir réalisé une excellente affaire avec lui. On connaissait ses qualités de footballeur, mais on a également découvert un individu très intéressant. Et ça, nous l'ignorions encore quand nous lui avons fait signer son contrat. »

L'épanouissement à Nancy
Il est sûr que Didier Philippe a vite conquis le cercle des dirigeants de l'AS Nancy-Lorraine. Au départ, il devait être testé à l'occasion de trois manches de Coupe d'été contre Martigues, Tours et Cuiseaux. Un seul a suffi. Le lendemain du match victorieux à Martigues, Didier Philippe et son père étaient reçus chez Gérard Rousselot, président de l'ASNL, à Bouxières en présence d'Aldo Platini et de M. Bastien, vice-président. Si la discussion fut relativement longue, près de trois heures et demie, ce ne fut pas à cause de ses sombres tractations financières mais bien parce que, pour ses hôtes, Didier restait un inconnu. « Nous avons simplement fait connaissance, précise-t-il. La discussion fut assez chaleureuse et nous nous sommes mis d'accord sur un contrat de quatre ans, mon premier contrat professionnel en France... »
Il restait ensuite à Gérard Rousselot à entrer en contact avec les dirigeants de Sarrebrück pour régler quelques petits problèmes d'intendance, des problèmes mineurs, pensait-il. Quelle ne fut pas sa surprise quand les représentants du club allemand lui réclamèrent une forte somme d'argent ! « Je croyais de bonne foi que Didier Philippe était libre comme l'air. Je me trompais. En Allemagne, même les clubs amateurs perçoivent des indemnités à l'occasion du transfert de leurs joueurs. Dans un premier temps, Sarrebrück m'a donc demandé une somme de 150.000 DM (environ 430.000 F), ce qui était loin d'être négligeable pour un joueur amateur strictement inconnu du grand public. J'ai refusé tout net. Et l'affaire ne s'est véritablement conclue avec Sarrebrück que quatre jours avant le début du Championnat sur la base de 40 % de la somme de départ. C'est avec l'argent frais du transfert de dernière minute de Jean-Claude Cloet à l'AS Cannes que nous avons finalement payé le transfert. »
Voilà ainsi résumée l'histoire du jeune Didier Philippe, révélation de ce début de saison, qui n'a certainement pas fini de faire parler de lui, même s'il entend se protéger de tous les honneurs qui lui sont faits. Son absence de complexes, son adaptation rapide à la Première Division, son sens du but, sa vitesse de course font de lui un authentique espoir du football français. « Je ne tiens pas à ce que l'on s'enflamme trop rapidement à mon sujet, dit-il. J'ai de trop nombreux exemples sous les yeux de joueurs qui ont éclaté d'un seul coup et qui sont tombés de haut peu de temps après. Je suis venu à Nancy dans le but de m' imposer progressivement et je ne me considère toujours pas comme un titulaire à part entière. Je suis encore inexpérimenté et j'ai encore tout à apprendre de ce métier. J'ai pu le constater à l'occasion de mes premiers matches en Championnat de France qui, soit dit en passant, est beaucoup plus dur que je ne l'imaginais. »
Nous laisserons le(s) mot(s) de la fin à deux hommes qui le connaissent très bien. A Hervé Collot tout d'abord, entraîneur de l'AS Nancy-Lorraine, qui s'était déjà interessé à Didier lorsqu'il débuta au niveau régional. A Marc Bourrier ensuite, entraîneur de l'équipe de France Espoirs, qui avait rencontré Didier lorsqu'il était à la section Sport-Etudes de Metz.
Ecoutons Hervé Collot : « Pour l'avoir vu avant son passage à Sarrebrück, je pense qu'il a beaucoup appris au contact du football allemand. Ce qui me plaît chez lui, c'est son culot. Il est vif, adroit et tire toujours au moment où on ne s'y attend pas. C'est un attaquant de pointe jeune. C'est aussi un joueur en devenir. Un attaquant aussi doué à cet âge, c'est de l'or. »
Ecoutons enfin Marc Bourrier, qui le sélectionna en équipe de France Espoirs pour le match contre la Hongrie : « Didier, explique-t-il , bénéficie d'un atout de premier ordre : il a une pointe de vitesse et un double démarrage extraordinaires. C'est un joueur difficile à marquer car il est toujours en mouvement. Dès qu'il se trouve en possession du ballon, il le donne à un partenaire et s'enfonce dans les espaces libres, ce qui le rend très dangereux en contre-attaque. Il a effectué une bonne seconde mi-temps avec nous et fut même à l'origine de notre second but. Cette première sélection en appelle d'autres... »

Neubert : « Nous sommes les mal-aimés! »
Vers les années cinquantes, le Toulouse FC, alors en Division 1, fit une excellente recrue en la personne du Polonais Rudy Neubert... Les Toulousains d'antan se souviennent. Il jouait à l'époque avec Ibrir, Cammarata et bien d'autres vedettes.
L'autre soir, ce fut Pierre Neubert, le fils de Rudy qui, trente ans plus tard, foulait l'herbe du stadium, mais lui, dans les rangs de Nancy.
Ce grand gaillard - dont la sœur est née à Toulouse - débuta comme pupille puis cadet à Hyères (où Gaby Robert devint son entraîneur comme il l'avait été pour son père). Ensuite il signa à Valenciennes et enfin à Nancy, où il opère depuis 1977.
A l'issue du match contre Toulouse, l'on observa un long silence dans le vestiaire lorrain, avant que ne s'abattent de lourds motifs d'injures envers l'arbitre, auteur de leur défaite... selon les Nancéiens.
Neubert était lui aussi fort marri de cette mésaventure : « Il y a de quoi être mécontent. Une faute sur Jeannol dans la surface n'a pas été sifflée et, en fin de rencontre, Lopez marque le but décisif sur un hors-jeu flagrant... Vraiment ç'en est trop... Pourtant nous avions bien joué le coup en employant une tactique qui nous est chère : faire venir l'adversaire, pour mieux nous libérer à l'aide d'un milieu très constructif. Et puis nous avons mené 1-0 jusqu'à un quart d'heure de la fin. C'est bête de perdre dans ces circonstances... »
Et le capitaine nancéien poursuit : « D'ailleurs, ce n 'est pas la première fois que l'arbitrage nous coûte cher... Nous avons déjà été lésés même chez nous et notamment face à Laval. A croire que Nancy est le mal-aimé du corps arbitral. En réalité, je pense que nous sommes trop naïfs. Plus de rigueur nous serait nécessaire. Dommage, car l'équipe tourne bien, avec l'appoint des nouvelles recrues : Meyer, Philippe, Germain et le meilleur rendement de Rubio dans l'entrejeu plutôt qu'avant-centre, rôle qu'il tenait la saison dernière. »
L'opinion de Neubert sur Toulouse : « Une équipe solide physiquement, aux dangereuses accélérations, mais manquant de construction. Pintenat, un sérieux client et loyal... »
Quant â l'entraîneur Collot, comme M. Aldo Platini, il déplorait ce coup du sort : « Nous sommes victimes d'un "arbitrage à la maison" lamentable. Et j'en suis peiné pour mes joueurs qui ne méritaient pas ça. »

Vers un jumelage Nancy - Val-Thorens ?
Nancy a tout lieu d'être satisfait de son stage de début de saison organisé à Val-Thorens, à 2.300 mètres d'altitude, et Gérard Rousselot, le président du club, envisage très sérieusement d'y envoyer une nouvelle fois ses joueurs la saison prochaine. Depuis le début du Championnat, les Nancéiens affichent une forme et un enthousiasme remarquables que certains attribuent d'ailleurs à cette préparation en altitude. « Lors des rencontres d'avant-saison, notamment à Toulouse, explique Gérard Rousselot, nous avons été un peu dépassés par les événements, à l'image de l'équipe de France, à l'occasion de ses premiers matches en Coupe du monde. Puis, sous l'effet bénéfique de notre stage, nous avons trouvé notre plein régime et je dois dire que je suis satisfait de notre entrée en matière en Championnat. Seulement, cet effet s'atténue au bout de trois mois et, fin novembre, Nancy ne pourra plus profiter de cette préparation en montagne et montrera alors son vrai visage... » Afin de tirer toutes les conclusions médicales de cette expérience, les médecins du club présenteront prochainement un rapport au comité directeur, rapport qui servira de base de départ pour une étude plus approfondie sur la préparation en altitude.


Les indiscrétions ...
  • Dans le cadre du transfert de Bruno Germain, qui vient d'effectuer ses grands débuts en équipe première, l'AS Nancy-Lorraine jouera un match amical le 1er novembre à 16 heures à Orléans.

  • L'AS Nancy-Lorraine affronte ce soir à 20 heures au stade Marcel-Picot la sélection du Luxembourg. Pour les Grands-Ducaux, cette rencontre servira de préparation au match qu'ils disputeront dans trois semaines contre le Danemark, en Championnat d'Europe de Nations.

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