C'était il y a 35 ans dans
Semaine du 21 au 27 Septembre 1982

Le match (1)...
LA FICHE DE LA RENCONTRE
7ème journée du Championnat de France de Division 1
Lyon, le 21/09/1982 - Stade de Gerland
10.977 spectateurs - arbitre : M. De Zayas
LYON 1 (1) Entraîneur : V. Kovacevic

Domergue : 45' (p) Topalovic - Olio - Zambelli - Millot puis Vargoz (81') - Domergue - Ferri - Bocchi - Fournier - Chiesa - Nikolic - Spadiny puis Emon (46')
NANCY 2 (1) Entraîneur : H. Collot

Phlippe : 33' et 78' Moutier - Casini - Neubert - Zappia - Jeannol - Cartier - Martin - Rubio - Umpierrez - Philippe puis Germain (79') - Meyer
LE COMMENTAIRE

Revenus au score grâce à un penalty sifflé en leur faveur par M. De Zayas, à trente secondes de la mi-temps, les Lyonnais n'ont donc absolument pas su tirer parti de ce coup de pouce du destin. La preuve en est qu'en seconde période Nancy domina le match de la tête et des épaules, trouvant très justement la récompense de ses efforts et de son football spectaculaire et empreint d'intelligence avec un superbe deuxième but de Philippe. Résultat : une deuxième victoire à l'extérieur pour Nancy et la première défaite à domicile de l'OL cette saison.

Le match (2)...
LA FICHE DE LA RENCONTRE
8ème journée du Championnat de France de Division 1
Nancy, le 24/09/1982 - Stade Marcel-Picot
9.604 spectateurs - arbitre : M. Di Bernardo
NANCY 1 (1) Entraîneur : H. Collot

Martin : 25' Moutier - Casini - Neubert - Zappia - Jeannol - Martin - Rubio - Umpierrez - Jacques - Philippe - Meyer
LAVAL 1 (1) Entraîneur : M. Le Milinaire

Krause : 10' Osmond - Felci - Zvunka - Bozon - Miton - Buigues - Goudet - Rabier - Redon - Krause puis Thordarsson (35') - Sene
LE COMMENTAIRE

L'équipe nancéienne démarra très fort, mais fût cueillie en contre par Krause qui, de la tête, reprit un centre adressé de la gauche par Redon (10ème). Les Nancéiens reprirent leur pression, les Lavallois défendaient leur avance, tous massés dans leur camp. Un but de Meyer fut refusé par M. Di Bernardo qui n'avait pas observé la règle de l'avantage. Il donna aux Nancéiens un coup franc que Jeannol expédia sur le poteau. Puis Martin, parti de très loin, s'enfonça dans la défense et du gauche expédia un bolide dans la lucarne (25ème). Après quoi, la domination de Nancy fut quasi constante, Moutier ne touchant que deux ballons dans chaque mi-temps. Domination souvent très près d'aboutir, encore un tir sur le poteau de Rubio (81ème), mais Laval héroïquement conserva le point qui était son objectif avoué.

Les articles ...
Philippe, c'est plus sûr
Une étoile est peut-être née il y a déjà quelque temps et nous ne le savions pas.
Certes, Didier Philippe n'est pas un inconnu dans la région de Montbéliard, puisqu'il fut stagiaire à Sochaux.
Etait-il trop jeune, l'environnement ne lui convenait-il pas (ou réciproquement) ? Toujours est-il qu'il ne fut pas retenu et qu'il dut faire un détour par l'Allemagne, à Sarrebruck, ce qui n'est pas arrivé à beaucoup de joueurs français : les rares qui se sont risqués outre-Rhin étaient tous internationaux : Gilbert Gress, Gérard Herser, Marc Berdoll, Didier Six, alors que Didier Philippe n'avait que ses deux prénoms pour se faire un nom.
C'est évidemment le grand mérite de Nancy, et spécialement d'Aldo Platini, que d'avoir su "redécouvrir" ce talent indiscutable qui pourrait bien devenir la grande révélation de ce début de saison.
Car lutter pour la première place au classement des buteurs lorsqu'il y a sur la ligne de départ des Dieter Muller, Szarmach, Onnis, Krause, Milla, Bétancourt, Kist, Edstroem et autres Vabec, et Thordarsson constitue déjà en soi une performance de très haut niveau. D'autant que, sans vouloir désobliger nos amis nancéiens, l'équipe lorraine ne possède pas les moyens financiers de Paris, Bordeaux, Nantes ou Monaco. Lui fera-t-on confiance à l'èchelon supérieur, c'est-à-dire l'équipe de France, d'autant que celle-ci ne dispute que des matches amicaux cette saison, donc sans risque d'élimination de la Coupe d'Europe des Nations puisqu'elle l'organise ?
Dans cette hypothèse, la lui maintiendra-t-on, cette confiance encore plus nécessaire à un avant-centre qu'à n'importe quel autre joueur du champ de jeu ?
Car on a rapidement fait d'une étoile un astre mort, même si Philippe c'est plus sûr.

Martin : « Jouer plus juste »
Nancy était mené contre le cours du jeu par un but de Krause. Le forcing nancéien était tenu en échec et cela ne rigolait pas pour l'équipe lorraine ; M. Di Bernardo avait refusé à Meyer un but parfaitement valable pour lui accorder à la place un coup franc, et ce coup franc, Jeannol l'avait expédié sur le poteau... On se demandait comment Nancy parviendrait à forcer de blocus et le sort contraire, quand Eric Martin prit le ballon au milieu du terrain. Résolument, il s'engagea à grandes enjambés, il fila droit. Deux adversaires s'opposèrent à lui à l'entrée de la surface, il les escamota et, dans sa foulée, du pied gauche expédia un bolide en pleine lucarne. C'était un but superbe et pur, qui récompensait le meilleur nancéien, celui qui devait rester jusqu'au bout le meilleur joueur sur le terrain, de l'avis même de Michel Le Milinaire.
Eric Martin est un carton modeste qui n'aime pas tellement parler de ses exploits. Il place toujours l'équipe avant lui. Il ne complique pas le football, il le joue comme il le sent, comme il l'aime, avec enthousiasme. Dans la pirouette qui suivit son but, écrasé par ses partenaires, il se fit une entorse au poignet, mais il ne se souvient pas comment, il ne se rappelle que son but : « Personne ne m'a attaqué, j'ai avancé, avancé. A vingt-cinq mètres, deux gars se sont présentés, je suis passé entre et j'ai tiré à la sortie. J'ai visé la lucarne, je n'ai pas réfléchi que je tirai du pied gauche... »
On l'a deviné, Eric Martin est droitier et uniquement droitier. Il tire souvent au but cette année et il devrait faire mouche encore dans l'avenir. Il y croit en tout cas, alors que la saison dernière il n'avait pas marqué un seul but. Ce qu'il explique facilement :
« Il y a du changement dans notre équipe, dans notre façon de jouer. Nous avons maintemant trois attaquants véritables qui marquent des buts. lls se tiennent en pointe, cela modifie notre matière dans l'entrejeu. Disons que les rôles sont mieux répartis. On sait plus précisément ce que l'on a à faire. Et puis il y a surtout Paco Rubio qui est revenu en milieu. Il jouait avant-centre la saison dernière. Cette année, il fait un sacré boulot et cela me libère un peu. Cela me permet de participer plus au jeu. »
La défense superrenforcée de Laval n'a pas été très appréciée par le public nancéien. Eric Martin comprend, lui, un peu mieux les Lavallois : « Ils avaient besoin de ne pas perdre, c'était leur problème. Le nôtre était de les battre malgré tout. Ils ont réussi leur coup, tant mieux pour eux. Je ne crois pas pour autant que nous soyons impuissants devant une telle défense renforcée parce que nous avons déjà buté sur celle de Brest. Simplement il nous faut jouer plus juste. Nous pouvions plus facilement le faire dans la première heure quand nous étions frais. Ensuite la fatigue est venue, c'était mon cas, je l'avoue. »
L'avenir de l'équipe nancéienne, ses ambitions, Eric Martin les envisage comme beaucoup de choses, au jour le jour.
« Nous sommes bien cette année, parce que la défense est bonne, c'est à peu près la même que la saison dernière. Et devant, je vous l'ai dit nous avons trois gars efficaces. Dans le milieu, nous nous entendons bien. Pour l'instant, nous réuississons pas mal, encore que nous n'ayons pas tellement de chance, cinq tirs sur les poteaux en trois matches, il faut le faire. Nous pourrions facilement avoir un ou deux points de mieux. Mais je crois que c'est bien de n'être pas mal placé, même si cela ne rigole pas, cela ouvre des possibilités. Nos ambitions restent malgré tout les mêmes, faire mieux que l'an dernier, c'est-à-dire mieux que huitième. Le reste on verra en cours de chemin... »
L'équipe de France, il en a eu un avant-goût avec plusieurs sélections en France Espoirs l'an dernier, mais il ne s'en soucie pas trop : « Je sais que je dois encore mûrir. Et c'est à Nancy que je le ferai. Je reste bien sûr comme tout footballeur à la disposition de la sélection mais je reste les pieds sur terre... »


Les indiscrétions ...
  • S'il y a un jeune joueur qui épate son monde depuis le début de la saison, c'est bien Didier Philippe, le nouvel avant-centre de Nancy. En marquant encore les deux buts de la victoire à Lyon, mardi dernier, Philippe a même consolidé sa placa dans le peloton de tête des buteurs du Championnat. Mais il se garde bien aussi de tirer la couverture à lui, disant en effet volontiers : « Si nous obtenons de tels bons résultats, c'est peut-être bien parce que nous ne sommes pas si mauvais ! Mais c'est aussi et surtout parce que, entre nous, règne une très, très bonne, ambiance, qui nous permet de vraiment jouer en équipe. » Aux dernières nouvelles, les Lyonnais, après les Parisiens ou les Mulhousiens, ne sont d'ailleurs pas prêts à soutenir le contraire !

  • Hervé Collot jubile par les temps qui courent. Il faut dire que, avec ses Nancéiens, il multiplie les bons résultats, notant au passage : « Bien sûr, il ne s'agit pas de faire le malin. Mais néanmoins, ce que nous avons fait ces dernières semaines prouve que nous ne sommes jamais plus à l'aise que contre les équipes jouant en 4-4-2. » Bref, l'avenir semble appartenir à Collot et aux siens, si l'on songe à toutes ces équipes jouant désormais selon ce schéma tactique...

  • Nos confrères de "L'Est Républicain" appellent Didier Philippe, "Dieter" Philippe, faisant ainsi allusion au séjour de ce jeune Espoir en Allemagne et soulignant également son sens du but. « Si cela continue, on va me prendre pour un pur Allemand », rétorque le joueur, auquel s'interesse Marc Bourrier, le nouveau responsable des Espoirs.

  • Eric Martin se mariera le 16 octobre prochain à Verdun. Il épousera Brigitte, une charmante Verdunoise. La veille, il jouera avec l'AS Nancy-Lorraine à Toulouse. Espérons pour l'équipe nancéienne que le sympathique Tintin enterrera sa vie de garçon après le match et non avant...

  • Le roi du poteau, actuellement, c'est Paco Rubio, qui a tiré trois fois fois dessus en trois matchs dont deux fois sur coup franc. Umpierrez et Jeannol avaient eux aussi connu cette mésaventure. A Nancy on verrait d'un bon oeil l'élargissement des buts, ce vieux projet...

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